Le chanteur belge phénomène Stromae vient de démarrer sa tournée. Nous avons assisté à son premier concert.
Il est 22h40 ce samedi 9 novembre à Nîmes, et Paul va mieux. Il vient de terminer son concert. Paul, c’est Paul Van Haver, 28 ans, plus connu sous le pseudonyme de Stromae. Quelques heures plus tôt, le chanteur avait le trouillomètre à zéro : un autre point commun avec Jacques Brel, auquel tout un chacun s’accorde à lui trouver une filiation.
Accueilli en résidence dans la cité gardoise, voilà une semaine qu’il y peaufine la première date d’une tournée qui s’achèvera… en novembre 2014 à Bercy.
Ce soir-là, c’est à la Paloma—palombe en espagnol — que l’oiseau prend son envol. Les 1 200 places ont vite été vendues comme toutes celles de sa tournée d’automne. Pas un centimètre carré de libre au parterre qui bout debout. Le public est venu de tous les coins de France, de toutes classes. Et s’il n’est pas de tous âges, les quadras n’y manquent pas.
La salle s’éteint, habitée par un battement de coeur electro qui fouille les tripes. Ombre et lumière blanche sur scène. Sur un écran, un personnage tombe dans un gouffre sans fin et retombe sur ses jambes. Dans ce contre-jour, trois musiciens en chapeau melon ont pris place devant leurs claviers. Tête nue, un quatrième les rejoint. Il est mince comme un arc, porte un pull en laine, col en V à rebord noir, un pantalon de costume coupé aux genoux et des chaussettes bien au-dessus du mollet. Clameur. Démarrage en flèche, à l’image d’un mobilier très Art déco en éclairs brisés. Sur « Ta fête », le premier titre de « Racine carrée », son deuxième album sorti en août et carton plein de l’année, c’est comme si Stromae avait frotté une allumette : la salle s’embrase, chante avec lui. Pas le temps de souffler, « Bâtard » prend le relais. Ferveur qui cogne. La salle ondule. Le ludion se déhanche, joue des épaules. Il a l’air si léger. C’est à peine s’il touche le sol. « Papaoutai » en remet une couche. Le public s’approprie le refrain. Au balcon, une femme danse en tournant sur elle-même, sa petite fille dans les bras.
Une quinzaine de titres s’enchaînent. Le fond d’écran se déchaîne. Motifs aux tons rétro proches du papier peint ; coeurs géométriques ; lune propulsée par-dessus la ville ; armée de soldats emportés par une mécanique dance de Saint-Guy… C’est Jules Verne en techno.
Frisson général
Sur un instrumental qui précède le rappel, l’oeil survole au final une ville abstraite saisie dans ses lignes. Jusqu’à ce que cette géométrie complexe se transforme en un énorme « Merci ». Entre-temps, Stromae aura changé trois ou quatre fois de tenue—costume chic et noeud-pap, veste chatoyante…—, se sera assis à une table de bar ou aura fait mine de s’endormir sur le bord de scène pour « Formidable ». Dans une déferlante de lumière rouge, il aura déclaré son amour au public sur « Je t’aime à mort », pendant « Te Quiero » et débuté sa chanson « Quand c’est » sur le cancer sur l’air d’une comptine célèbre. L’ombre d’une plante tentaculaire y taquine l’écran avant de tout envahir. La fine silhouette de l’artiste semble tituber, se bat puis se noie dans l’ombre. Frisson général. Mais là-dessus, sans transition, tout le monde se requinque avec «Moules frites ». Preuve qu’il y a bien une vie après la mort.
Quoi d’autre ? Un personnage en hologramme qui s’envole comme un rêve pressé. Un rappel sur « Alors on danse », son premier tube. Il est 22 h 20. Dehors, la nuit danse aussi. Parce que le silence après Stromae, c’est encore du Stromae.
Ce soir-là, c’est à la Paloma—palombe en espagnol — que l’oiseau prend son envol. Les 1 200 places ont vite été vendues comme toutes celles de sa tournée d’automne. Pas un centimètre carré de libre au parterre qui bout debout. Le public est venu de tous les coins de France, de toutes classes. Et s’il n’est pas de tous âges, les quadras n’y manquent pas.
La salle s’éteint, habitée par un battement de coeur electro qui fouille les tripes. Ombre et lumière blanche sur scène. Sur un écran, un personnage tombe dans un gouffre sans fin et retombe sur ses jambes. Dans ce contre-jour, trois musiciens en chapeau melon ont pris place devant leurs claviers. Tête nue, un quatrième les rejoint. Il est mince comme un arc, porte un pull en laine, col en V à rebord noir, un pantalon de costume coupé aux genoux et des chaussettes bien au-dessus du mollet. Clameur. Démarrage en flèche, à l’image d’un mobilier très Art déco en éclairs brisés. Sur « Ta fête », le premier titre de « Racine carrée », son deuxième album sorti en août et carton plein de l’année, c’est comme si Stromae avait frotté une allumette : la salle s’embrase, chante avec lui. Pas le temps de souffler, « Bâtard » prend le relais. Ferveur qui cogne. La salle ondule. Le ludion se déhanche, joue des épaules. Il a l’air si léger. C’est à peine s’il touche le sol. « Papaoutai » en remet une couche. Le public s’approprie le refrain. Au balcon, une femme danse en tournant sur elle-même, sa petite fille dans les bras.
Une quinzaine de titres s’enchaînent. Le fond d’écran se déchaîne. Motifs aux tons rétro proches du papier peint ; coeurs géométriques ; lune propulsée par-dessus la ville ; armée de soldats emportés par une mécanique dance de Saint-Guy… C’est Jules Verne en techno.
Frisson général
Sur un instrumental qui précède le rappel, l’oeil survole au final une ville abstraite saisie dans ses lignes. Jusqu’à ce que cette géométrie complexe se transforme en un énorme « Merci ». Entre-temps, Stromae aura changé trois ou quatre fois de tenue—costume chic et noeud-pap, veste chatoyante…—, se sera assis à une table de bar ou aura fait mine de s’endormir sur le bord de scène pour « Formidable ». Dans une déferlante de lumière rouge, il aura déclaré son amour au public sur « Je t’aime à mort », pendant « Te Quiero » et débuté sa chanson « Quand c’est » sur le cancer sur l’air d’une comptine célèbre. L’ombre d’une plante tentaculaire y taquine l’écran avant de tout envahir. La fine silhouette de l’artiste semble tituber, se bat puis se noie dans l’ombre. Frisson général. Mais là-dessus, sans transition, tout le monde se requinque avec «Moules frites ». Preuve qu’il y a bien une vie après la mort.
Quoi d’autre ? Un personnage en hologramme qui s’envole comme un rêve pressé. Un rappel sur « Alors on danse », son premier tube. Il est 22 h 20. Dehors, la nuit danse aussi. Parce que le silence après Stromae, c’est encore du Stromae.
Stromae, les coulisses d'un clip hors normes par leparisien
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