Vieilles Charrues. Stromae annoncé le vendredi 18 juillet
Stromae sera aux Vieilles Charrues le 18 juillet 2014. | Photo Ouest-France.
Ce ne sera pas la première de Stromae aux Vieilles Charrues : à l'affiche en 2011, il avait participé au tirer de charrues en ouverture du festival.
Depuis le phénomène s'est accentué, à tel point que le Belge a vendu plus d'album que Daft Punk.
Stromae fait plus que jamais danser les mots
Avec son nouvel album, Stromae est entré dans une nouvelle dimension. | Photo Ouest-France.
Trois ans après l’énorme succès d’Alors on danse, le chanteur belge remet les couverts avec un album toujours aussi dansant, aux textes encore plus forts. Stromaé est bien un phénomène.
Sacré Paul… Il lui aura suffi d’un unique disque, il y a trois ans - agrémenté il est vrai d’un énorme tube - pour que son deuxième album soit attendu comme le soleil sur l’été 2013. Et qu’il créée l’événement.
Certes, le plan marketing a été concocté aux petits oignons, avec cette vidéo qui montrait le chanteur passablement ivre au petit matin dans Bruxelles. Ce n’était qu’un gag. Mais le buzz a lancé le disque. D’autant que les chansons Formidable et Papaoutai ont tout de suite accroché. Il n’en fallait pas plus pour que les superlatifs pleuvent.
Influences africaines
Il est vrai qu’en ces temps de crise, par sa fraîcheur musicale, Racine carré fait du bien. Stromaé, qui n’a après tout que 28 ans, fait mieux que confirmer. Il grandit. Et sa musique avec. Une musique joyeuse, colorée, qui donne envie de bouger, à laquelle Stromaé a intégré de nouvelles influences, notamment africaines.
Avec humour, il nous définit son cocktail en pourcentages… « 30 % de spontanéité, 10 à 20 % de calcul, 10 % de trap music (on va y revenir), 10 % de chanson, 10 % de rap, 10 % de coladeira, 10 % de rumba congolaise… Cela fait bien 100 % ? » À peu près…
Il est 11 h dans ce café parisien à deux pas d’Europe 1 et d’RTL, radios-fans…Le chanteur enquille son deuxième interview. Vite. Cet après-midi, on l’attend en Allemagne.
Comme d’habitude, il affiche un large sourire. Comme d’habitude, il porte des vêtements colorés, avec un tee-shirt imprimé rouge et kaki, qui jette… Stromaé est un garçon joyeux… qui chante des histoires sombres (on l’oublie souvent) sur des musiques… lumineuses.
« J’aime la mélancolie »
« Mon prochain challenge sera d’écrire des textes plus optimistes… Mais j’aime la mélancolie, qui n’a rien à voir avec la tristesse et la noirceur. La mélancolie est aussi dans la fête. Quand tu écoutes un coladé, sur un disque de Cesaria Evora, t’es debout et tu danses. En même temps, la fatigue, les cernes, les rides, qui rendent mélancolique, c’est aussi la vie. »
C’était son état quand il a achevé sa première tournée, dans la foulée du premier album. Vidé par le tourbillon qui avait suivi. « Pourtant, je m’y suis remis tout de suite. J’avais peur de ne rien sortir. » Il s’est retrouvé dans sa (nouvelle) maison des environs de Bruxelles, enfermé volontaire au grenier, transformé en studio d’enregistrement.
C’est en solitaire qu’il a travaillé ses idées, devant son piano électrique. « Ma façon de m’exprimer, c’est avec un ordinateur et un beat (boite à rythmes). C’est après que j’ai fignolé avec des compositeurs et arrangeurs. Ma musique, c’est le rap, l’électro, la chanson. Avec cette fois, d’autres ingrédients. De la salsa, de la soul, des petites guitares rumba. Et j’aimais cette nouvelle vague qu’est la trap music. Ça vient du sud des États-Unis, d’Atlanta. Du hip-hop marié avec de la musique industrielle du nord de l’Europe. Une trap électronisante, avec du groove, un retour aux racines tribales et rythmiques… Ce côté tribal revient dans la musique par la trap, a house. »
Il avait aussi en tête les chansons africaines qui passaient dans les fêtes des grands, pendant son enfance : « Franco, Zao, Papa Wemba… L’ancêtre de Formidable, c’est Ancien combattant, de Zao. »
« Politiquement correct »
Musicalement, son disque pète la santé. Il y chante pourtant sur le cancer, le sida, une artiste disparue (Cesaria Evora), l’absence du père, les réseaux sociaux cannibales, un minable qui se fait larguer. Mais rien ne fait triste… C’est tout son talent de plume.
Il y glisse de la poésie, de la délicatesse, du sentiment. Il joue habilement avec la langue, sans trop en faire, posant parfois simplement des questions, comme dans Batard : « Qu’est ce qu’il faut être ? explique-t-il. Celui qui a un avis tranché sur tout ou celui qui a du mal à décider, peut-être un peu lâche… Je me sens plutôt dans la peau du deuxième, un peu trop politiquement correct… »
Ce qui l’amène à enfoncer le clou dans Humain à l’eau, qui vilipende l’occidental si sûr de lui… Avant de se lâcher dans AVF (Allez vous faire…), en trio avec la crème du rap français, Orelsan et Maître Gimms.
C’est en tout cela que Stromaé a grandi. Et cet album nous laisse aussi penser que l’artiste belge en a encore beaucoup sous la pédale. Qu’il n’a pas fini de nous épater…
Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire